

Le 1er avril, les amis d’une jeune étudiante la rejoignent sur une île pour multiplier les blagues potaches, jusqu’à ce que la situation dégénère…
APRIL FOOL’S DAY
1986 – USA
Réalisé par Fred Walton
Avec Deborah Foreman, Ken Olandt, Amy Steel, Jay Baker, Deborah Goodrich, Griffin O’Neal, Leah Pinsent, Clayton Rohner, Amy Steel, Thomas F. Wilson
THEMA TUEURS
Après avoir participé à quatre films de la saga Vendredi 13 pour Paramount Pictures, le producteur Frank Mancuso Jr. se lance dans un autre slasher dont la réalisation est confiée à Fred Walton. Ce dernier avait beaucoup fait couler d’encre en 1979 grâce à Terreur sur la ligne, qui empruntait les codes du cinéma d’horreur et du film policier pour se muer contre toute attente en drame urbain. Le voici désormais à la tête d’un film en apparence beaucoup plus classique, même si son scénario s’efforce en fin de métrage de dynamiter les lieux communs du genre. L’un des rôles féminins principaux est confié à Amy Steel, sur la foi de sa présence remarquée dans Le Tueur du vendredi. Un autre échoit à Deborah Foreman (Valley Girl) qui impressionne fortement Walton lors de sa seconde audition, la première n’ayant pas convaincu l’équipe de production. Au détour du casting, l’œil attentif reconnaîtra aussi Tom Wilson, l’inoubliable Biff Tannen de Retour vers le futur. Après avoir envisagé de tourner le film à Martha’s Vineyard (qui prêta déjà ses décors naturels aux Oiseaux et aux Dents de la mer), Mancuso Jr et Walton se rabattent finalement sur le Canada, plus précisément Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, notamment dans deux propriétés privées mises à la disposition de l’équipe pendant six semaines.


Pour le week-end du 1er avril, la riche étudiante Muffy St. John (Deborah Foreman) a invité quelques camarades de fac à séjourner dans sa maison familiale, au beau milieu d’une petite île. Sur le ferry qui transporte la joyeuse équipe, l’ambiance est à la drague et à la franche rigolade, avec tout un lot de blagues de très haut niveau (« ta braguette est ouverte », « Argh, j’ai un couteau planté dans le ventre ! »). Mais l’une des plaisanteries tourne mal et Buck (Mike Nomad), employé sur le ferry, se retrouve gravement blessé et transporté d’urgence à l’hôpital. Ce qui n’empêche pas la troupe turbulente de garder son entrain en débarquant chez Muffy. Celle-ci a préparé de nombreux poissons d’avril à l’intention de ses convives. Les farces vont donc bon train, des coussins péteurs aux chaises escamotables en passant par les verres baveurs, les cigares explosifs, les robinets arroseurs, les poignées de portes amovibles ou les lampes trafiquées. Mais bientôt, les rires se figent. Un meurtrier se cache en effet dans l’ombre et se met à frapper un à un les invités…
Poison d’avril
De prime abord, rien ne distingue ce Week-end de Terreur de n’importe lequel des slashers ayant fleuri sur les écrans depuis les succès de La Nuit des masques et Vendredi 13. Tous les clichés de mise s’accumulent sagement : le groupe de jeunes gens réunis dans une maison au milieu de la nature, les couples qui se font et se défont, les assassinats en série et même le chat qui fait sursauter ! Dans la joie, la bonne humeur et la finesse, le montage alterne la réplique « l’un d’entre vous va sortir sa bistouquette » avec le gros plan d’une saucisse qui sort de son sac, ou s’appesantit sur le visage d’un garçon énamouré qui déclame à une de ses amies : « j’aimerais bien labourer ton champ ». L’exaspération nous gagne donc assez tôt. Fred Walton s’offre certes quelques idées de mise en scène intéressantes (le cadavre qui apparaît dans une barque sous les lattes d’une cabane, les têtes décapitées qui émergent au fond d’un puits) et le compositeur Charles Bernstein (Les Griffes de la nuit) concocte un joli thème d’ouverture dont les sonorités enfantines nous rappellent celui écrit par Jerry Goldsmith pour Poltergeist. Mais ce n’est pas suffisant pour maintenir vivace l’intérêt des spectateurs. Certes, la révélation finale est une surprise très audacieuse qui transcende le récit de A à Z. Mais elle manque singulièrement de crédibilité et de cohérence. Visiblement peu satisfait par ce twist final, Walton ajoute même un épilogue pas beaucoup plus convaincant.
© Gilles Penso
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