

Suite à une série d’explosions nucléaires survenues en Thaïlande, un crocodile prend des proportions alarmantes et dévore tous ceux qu’il croise…
CROCODILE
1979 – THAILANDE / CORÉE DU SUD
Réalisé par Sompote Sands et Won-se Lee
Avec Nard Poowanai, Ni Tien, Angela Wells, Kirk Warren, Min Oo, Robert Chan Law-Bat, Hua-Na Fu, Bob Harrison, Wan-Ta Sha, Feng-Chien Tso, Nancy Wong
THEMA REPTILES ET VOLATILES
Crocodile (connu aussi en France sous le titre de Carnages) est le résultat d’une collaboration entre la Thaïlande et la Corée du Sud, initiée par le producteur Sompote Sangduenchai, plus connu à l’international sous le pseudonyme de Sompote Sands. Bien que ce dernier soit généralement cité en tant que réalisateur, il semblerait que la mise en scène de la version originelle ait en réalité été assurée par le cinéaste coréen Won-se Lee, sur la base d’un scénario rédigé par Su-jung Yeo et Yeol Yu. Quant à Sands, il s’est principalement consacré à la conception des effets visuels. Pour rendre le film plus attractif auprès du public américain, le producteur Dick Randall, figure emblématique du cinéma d’exploitation, s’est associé à Sompote Sands en 1981 pour intégrer de nouvelles séquences spécifiquement tournées en vue de la distribution outre-Atlantique. Trois versions de Crocodile existent donc. La toute première, officiellement signée par Won-se Lee et sortie en 1978, le montage américain, distribué par Herman Cohen et projeté en salles à partir de novembre 1981, et la version internationale (datée de 1979) qui propose davantage de nudité et de violence graphique (notamment une entrée en matière parfaitement gratuite au cours de laquelle le saurien géant dévore deux femmes topless).


Crocodile s’ouvre sur un cataclysme naturel s’abattant sur un petit village, réalisé avec des maquettes et de jolis effets atmosphériques, comme un plafond de nuages tourmentés ou un cyclone marin très spectaculaire. Le prétexte de ce désastre est une série d’explosions nucléaires survenues en Thaïlande et sur les côtes de la mer de Chine. Après la tempête qui a détruit une île, le docteur Tony Akom (Nard Poowanai) conduit sa famille à Pattaya. Mais les radiations ont fait croître démesurément un crocodile agressif (sous l’influence manifeste de Godzilla). Le monstre dévore l’épouse et la fille du docteur, puis décime un village touristique. Abattu, Akom décide alors de se venger et d’entreprendre la chasse au monstre. Il se fait aider par John Stromm (Min Oo) et par Tanaka (Kirk Warren), un pêcheur intrépide. Le film montre alors ouvertement sa vraie nature : un plagiat éhonté et extrêmement maladroit des Dents de la mer, le grand requin blanc étant remplacé par ce crocodile géant et mutant qui – allez savoir pourquoi – respecte un rituel qui le pousse à tuer tous les sept jours.
Massacre thaïlandais
La première partie du film alterne les scènes de plage, les attaques du saurien, les destructions du village et les préparatifs évasifs du héros (émule thaïlandais du capitaine Achab de Moby Dick) en vue de chasser l’animal. Le montage, chaotique, répète inlassablement les mêmes plans, dans une confusion assez pénible. Pour faire office de remplissage, le réalisateur intègre des scènes inutiles et d’un bon goût extrême, comme ce dépeçage en gros plan d’un crocodile dans une réserve (qui hérissera les poils de l’American Human Association, refusant catégoriquement de valider ce film). Le monstre vedette est alternativement un vrai crocodile, filmé au milieu de petites maquettes, et une gueule mécanique géante dans laquelle viennent se jeter ses victimes en criant. La seconde partie du film, conformément à son modèle, se déroule en mer où les trois héros traquent la bête à bord d’un bateau de pêche. Bien entendu, le loup de mer est finalement happé par les mâchoires du monstre, le bateau coule, et le monstre périt dans une explosion. Précisions que cette ultime déflgaration est due à un bâton de dynamite qui reste allumé sous l’eau pendant que le héros l’amène en nageant jusque dans la gueule du crocodile !
© Gilles Penso
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