LE FEU DE L’AU-DELÀ (1989)

Tobe Hooper met en scène Brad Dourif dans le rôle d’un homme possédant le pouvoir de transformer en torches humaines tous ceux qui s’opposent à lui…

SPONTANEOUS COMBUSTION

 

1989 – USA

 

Réalisé par Tobe Hooper

 

Avec Brad Dourif, Cynthia Bain, Jon Cypher, William Prince, Melinda Dillon, Dey Young, Tegan West, Michael Keys Hall, Dale Dye, Dick Butkus, Joe Mays

 

THEMA POUVOIRS PARANORMAUX

Après Lifeforce, L’Invasion vient de Mars et Massacre à la tronçonneuse 2, tous trois produits par Cannon Group, Tobe Hooper se tourne vers le petit écran, réalisant une poignée d’épisodes pour Histoires fantastiques, Equalizer et Les Cauchemars de Freddy. À partir de là, un net infléchissement de sa carrière se fait hélas ressentir, Le Feu de l’au-delà marquant le point de départ de cette inéluctable chute qualitative. Le scénario de ce thriller de SF horrifique, qu’il co-écrit avec Howard Goldberg d’après une histoire originale de son cru, s’intéresse à un phénomène fascinant qui reste à ce jour inexpliqué : la combustion spontanée, autrement dit la calcination de corps dont la cause demeure inconnue. Tourné en huit semaines avec un budget de 5,5 millions de dollars, Le Feu de l’au-delà est produit dans des conditions relativement confortables, sous l’égide d’Henry Bushkin (bras droit de la star de la TV américaine Johnny Carson) et Arthur Sarkissian (producteur de Mort ou vif de Gary Sherman). Le résultat manque pourtant d’envergure et de panache, malgré quelques fulgurances furtives. Le film sera donc un échec cuisant au box-office, entaché il est vrai par une distribution chaotique et une exploitation en salles très limitée.

Le Feu de l’au-delà démarre en 1955. Brian et Peggy Bell prennent part au « projet Samson », une expérimentation orchestrée par l’armée américaine dans le désert du Nevada. Installés dans un bunker souterrain sous l’épicentre d’une explosion nucléaire, ils servent de sujets tests pour un sérum censé protéger des radiations. L’essai est concluant, et quelques mois plus tard, Peggy met au monde un garçon, Sam, né le 6 août 1955, exactement dix ans après le bombardement d’Hiroshima. Mais peu après, Brian et Peggy meurent de façon inexpliquée, consumés par une combustion spontanée. Trente-cinq ans plus tard, leur fils David mène une existence ordinaire d’enseignant dans un lycée, bien qu’il souffre régulièrement de violentes migraines. Lorsqu’il apprend la disparition troublante d’une femme retrouvée calcinée après une vive altercation avec lui, il comprend avec effroi qu’il détient un pouvoir de pyrokinésie…

Flammes fatales

Si le scénario rappelle beaucoup Furie et surtout Firestarter, là n’est pas son pire travers. Le film se révèle en effet bardé de confusions et d’invraisemblances. Les dialogues improbables et les acteurs qui jouent en roue libre sans la moindre retenue n’aident pas. Brad Dourif n’a certes jamais été un modèle de sobriété, et c’est justement dans ses outrances qu’il séduit généralement ses fans. Mais ici, rien ne va plus : il passe son temps à hurler, à gesticuler, à écarquiller les yeux sans garde-fou, provoquant chez les spectateurs un mélange d’exaspération et d’hilarité. « Ce film n’a pas de sens », avouera l’acteur un an après sa sortie « J’ai l’impression que ce sont les producteurs qui l’ont détruit. Tobe aurait pu faire trois films différents avec le matériel dont il disposait, et chacun aurait fonctionné. Mais là, nous passons d’une histoire d’amour à un thriller à suspense, puis à un film sur un type qui devient fou et dont la force destructrice va anéantir l’humanité. Mon jeu est à peu près cohérent au début, puis ça ne va plus du tout, parce que je me suis retrouvé à la merci de gens qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient » (1). Restent les scènes pyrotechniques, stupéfiantes de réalisme et d’étrangeté – les bras des victimes se transforment en véritables lance-flammes, leurs visages se consument en fumant –, et quelques scènes amusantes comme l’apparition de John Landis dans le rôle d’un technicien radio qui finit en flammes comme la majorité du casting. Ça ne suffit évidemment pas à faire un bon film.

 

(1) Extrait d’une interview parue dans Fangoria en 1990

 

© Gilles Penso

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