JOSH KIRBY : TIME WARRIOR ! CHAPITRE 6 – LAST BATTLE FOR THE UNIVERSE (1996)

L’ultime volet de la saga du jeune « guerrier du temps » et de ses compagnons s’achève sur une note étonnamment intimiste…

JOSH KIRBY TIME WARRIOR! CHAPTER 6 : LAST BATTLE FOR THE UNIVERSE

 

1996 – USA

 

Réalisé par Frank Arnold

 

Avec Corbin Allred, Jennifer Burns, Derek Webster, Jonathan C. Kaplan, Michael C. Mahon, Stacy Sullivan, Helen Siff, Charisma Carpenter, Johnny Green

 

THEMA VOYAGES DANS LE TEMPS I NAINS ET GÉANTS I SAGA JOSH KIRBY I CHARLES BAND

Au fil de leurs aventures précédentes, le lycéen Josh Kirby (Corbin Allred), la guerrière Azabeth Siege (Jennifer Burns), le scientifique Irwin 118 (Jonathan C. Kaplan) et la petite créature Prism (une marionnette mécanique dont l’utilité scénaristique nous laisse perplexes) avaient rencontré des dinosaures transformés en montures médiévales, un bébé extra-terrestre géant, des jouets vivants, des vers gloutons, un robot carnassier et des hommes-champignons. Nous étions donc en droit de nous attendre à une apothéose pour l’ultime épisode. Or contre toute attente, le réalisateur Frank Arnold et ses scénaristes (Ethan Reiff et Cyrus Voris) décident au contraire de jouer la carte de l’intimisme. Ce choix est guidé par les très faibles moyens mis à leur disposition (toutes les créatures précédemment citées étant bricolées avec des budgets étriqués ne permettant pas de faire des merveilles) mais aussi par la tournure qu’est en train de prendre l’arc narratif de ce serial estampillé Full Moon Entertainment. C’est finalement un parti-pris judicieux, qui permet de ramener l’aventure à de plus justes proportions et de l’achever de manière inattendue.

Comme toujours, l’épisode précédent (Journey to the Magic Cavern) nous abandonnait en plein cliffhanger. Mais celui-ci était d’une nature particulière. Au lieu de jeter nos héros d’un danger à un autre en les abandonnant dans des situations particulièrement hasardeuses, il remettait en question tous les événements précédents par la grâce d’un audacieux retournement de situation. Le début de cet ultime opus nous permet de mieux comprendre la réorganisation des forces et des enjeux via une série de flash-backs complétant quelques pièces du puzzle manquant. Les pouvoirs de Josh Kirby semblant augmenter d’épisode en épisode (« je ne suis pas n’importe qui, je suis un guerrier temporel ! » affirme-t-il en oubliant momentanément toute modestie), le voilà désormais capable de se transformer littéralement en machine à voyager dans le temps. La « dernière bataille pour l’univers » que nous promet le sous-titre de ce sixième épisode se prépare donc. Le fait que l’intrigue se situe désormais dans les années 80 offre de très intéressants paradoxes temporels, le moindre n’étant pas la rencontre de Josh avec un bébé qui n’est autre que lui-même ou avec une mère qu’il n’a jamais connue. Ces situations permettent pour la première fois de doter la série d’un atout émotionnel qui lui était jusqu’alors rigoureusement inconnu. Et c’est manifestement la plus grande force de cet épisode.

La fin de l’aventure

Les moments les plus intimistes sont donc les plus réussis, d’autant que les effets visuels restent l’une des grandes faiblesses de la série (images de synthèse approximatives, plans composites hasardeux, effets numériques ratés). Chaque fois que la mise en scène les sollicite, le caractère « cheap » de l’entreprise saute aux yeux. Reste l’armure de Zoetrope, une création toujours aussi impressionnante, même si la première partie du film s’amuse à l’incruster de manière très maladroite dans des extraits des épisodes précédents pour visualiser son voyage temporel à rebours. On regrette aussi l’extrême mollesse du combat final opposant le vilain en armure et Josh – déguisé en chevalier médiéval avec un dé à coudre géant en guise de heaume ! Il n’empêche que les personnages restent attachants et que l’épilogue – qui doit beaucoup à Retour vers le futur – boucle habilement la boucle entamée avec le premier épisode. Ainsi s’achève la saga Josh Kirby, une longue aventure épique qui aura su faire fi de ses moyens très limités pour s’offrir de belles ambitions et ravir le jeune public américain de l’époque. Ces six films n’arrivèrent pas jusqu’à nous, leur circuit de distribution étant resté limité, et il faut bien reconnaître qu’ils n’ont pas bien passé le cap des années, leur style et leurs effets étant fatalement très datés aujourd’hui. Ils s’inscrivent malgré tout dans le haut du panier des productions de Charles Band destinées à un public familial, aux côtés d’un Prehysteria, d’un Jack et le haricot magique ou d’un Château du petit dragon.

 

© Gilles Penso

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