JOSH KIRBY : TIME WARRIOR ! CHAPITRE 5 – MAGIC CAVERN (1996)

Dans cette cinquième aventure, le jeune voyageur temporel et ses compagnons se retrouvent dans une caverne peuplée d’hommes-champignons…

JOSH KIRBY TIME WARRIOR! CHAPTER 5: MAGIC CAVERN

 

1996 – USA

 

Réalisé par Ernest D. Farino

 

Avec Corbin Allred, Jennifer Burns, Derek Webster, Barrie Ingham, Matt Winston, Nick De Gruccio, Cindy Sorenson, Michael Hagiwara, Lomax Study

 

THEMA VOYAGES DANS LE TEMPS I SAGA JOSH KIRBY I CHARLES BAND

Pour finir la saga Josh Kirby, entamée en 1995, le producteur Charles Band est obligé de resserrer les cordons de la bourse. Paramount Vidéo a en effet décidé de cesser son association avec lui et donc la distribution des vidéocassettes des produits estampillés Full Moon. Les budgets de cette série de films de SF pour jeune public étant déjà très réduits, les choses vont de mal en pis pour les réalisateurs, obligés malgré tout d’assurer le spectacle. Signataire des deux premiers opus, Ernest Farino rempile et fait ce qu’il peut. La grande majorité de l’intrigue de ce cinquième chapitre se situant dans une grotte souterraine, il profite d’un immense décor déjà construit pour les besoins de l’épopée fantastique The Primevals de David Allen. « Malheureusement, ce décor, qui faisait environ la moitié de la longueur d’un terrain de football, n’avait pas de toit », raconte Farino. « Nous avons donc demandé qu’un toit soit ajouté, ou au moins une toile, puisque notre histoire se déroulait sous terre, et nous étions conscients que l’objectif était de tourner ces films en deux semaines. Le coût d’un toit ou d’une couverture a été estimé à 12 000 dollars et cette idée a été rejetée. » (1) Farino tourne donc principalement de nuit, avec un acteur principal mineur dont les heures de travail sont rigoureusement réglementées. Résultat : le tournage prend trois semaines de retard et entraîne un surcoût de 25 000 dollars. Mauvais calcul du côté des comptables de Full Moon !

Josh Kirby, le scientifique Irwin 1138 et la guerrière Azabeth Siege poursuivent leur quête à travers le temps et l’espace pour récupérer avant le sinistre Dr Zoetrope les composants du Nullifier, un artefact extra-terrestre très puissant et potentiellement très dangereux. Leur voyage les mène sous terre, sur une planète peuplée d’hommes-champignons, qui parlent anglais avec des accents variés (italien, japonais, français) et portent des noms évocateurs tels que Porcini, Shitake ou Truffe. Ces créatures bizarroïdes mais sympathiques, fascinées par Prism (la petite créature facétieuse qui accompagne nos héros partout), le vénèrent comme une divinité. Les choses tournent mal lorsque l’état de santé d’Azabeth commence à décliner après qu’elle ait mordu un morceau de champignon. Irwin, inquiet, lui explique que « la frontière entre aucun effet du tout et une dose mortelle est très fine », ce qui n’est évidemment pas très rassurant. Pour tenter de sauver la jeune guerrière, le roi des champignons fait appel à son médecin, mais celui-ci se montre impuissant. Le seul espoir réside désormais dans la quête d’un antidote, qu’ils doivent partir dénicher dans une zone très dangereuse baptisée Nightmare Hollow…

Gare aux morilles !

Comme toujours, les effets spéciaux sollicités par le scénario sont bricolés avec les moyens du bord (maquillages variés, marionnettes, maquettes, incrustations) et tiennent à peu près la route, à l’exception des affreuses images de synthèse sollicitées pour créer une nuée d’abeilles phosphorescentes. Les prothèses utilisées pour le peuple champignon sont plutôt réussies (si l’on accepte le caractère cartoonesque des personnages), le décor de la caverne apporte une précieuse plus-value visuelle et les différents périls qui surviennent au cours du périple de nos héros (sables mouvants, pont suspendu au-dessus d’une mer de lave en fusion, robot rongeur géant qui hypnotise ses proies) sont très raisonnablement distrayants. Au détour du casting, on apprécie la prestation exubérante de Matt Winston dans le rôle d’un inventeur excentrique qui a conçu une marionnette animatronique géante (ce qui ne manque pas d’ironie puisque c’est le vrai métier du père de l’acteur, Stan Winston, concepteur notamment de la reine extra-terrestre d’Aliens et du T-rex de Jurassic Park). Le dernier acte nous permet de découvrir un nouveau pouvoir de Josh (remonter le temps de quelques minutes en créant une « tempête temporelle ») et d’apprécier un clin d’œil à Star Trek (avec la reprise du fameux monologue du capitaine Kirk en version « champignon »), jusqu’à un audacieux retournement de situation final qui remet en question une partie des péripéties des opus précédents.


(1) Propos extraits du livre « It Came From the Video Aisle ! » (2017)

 

© Gilles Penso

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